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Stage histoire-géographie le 16 décembre à Arcueil

dimanche 7 novembre 2010
par  Snes S3 SV

Le SNES Versailles organise conjointement avec les sections de académiques de Créteil et Paris un stage disciplinaire d’histoire-géographie qui se tiendra le jeudi 16 décembre 2010 à la section académique, 3 rue Guy de Gouyon du Verger 94112 Arcueil Cedex (RER Arcueil-Cachan).

 La problématique de ce thème sera la suivante :

L’enseignement de l’histoire-géographie dans le secondaire fait face à des recompositions qui menacent sa place dans les horaires (disparition de l’enseignement obligatoire de l’HG en terminale S), la scientificité de ses contenus (par la mainmise croissante de l’exécutif sur l’élaboration des programmes) et son rôle dans la construction chez les élèves d’une démarche critique (par exemple par le retour, au collège, à une méthode éculée de transmission des savoirs, le récit).

Ces menaces se situent dans le contexte d’une révision générale des missions de l’école : il s’agit moins aujourd’hui de former des citoyens que d’inculquer aux futurs salariés de l’économie-monde des contenus et des compétences aisément évaluables dans le cadre des enquêtes internationales de type PISA ou de l’application de la LOLF.

Deux grandes questions se posent donc aujourd’hui aux professeurs d’HG.

  Quelle est la fonction sociale des discours scolaires de l’histoire et de la géographie ?

  Le discours l’histoire-géographie est-il un discours idéologique ou scientifique ?

S’agit-il de valider chez les élèves une liste de savoirs et de compétences (c’est la logique du socle commun, désormais intégré au brevet des collèges) ? Ou s’agit-il de soumettre à une démarche critique le passé et la façon dont les hommes habitent et transforment l’espace ?

Les enseignants doivent-ils simplement promener leurs élèves d’un thème, d’un personnage et d’un espace à l’autre, comme autant d’étapes d’une visite muséologique du passé et du présent (c’est la logique des nouveaux programmes) ? Ou doivent-ils construire avec eux une vision cohérente, élaborée, qui prend en compte à la fois les structures et les continuités, la diachronie et les diversités ?

S’agit-il, en suivant les injonctions politiques, de transmettre une mythologie nationale, républicaine, résistante et européenne, selon une démarche téléologique (comme si toute l’histoire de France menait inéluctablement à la Révolution, à la République et, maintenant, à l’Union européenne et de la mondialisation) ? Ou d’expliquer aux élèves que l’histoire, même scolaire, est un discours sur le passé, que les grands personnages de l’histoire de la France et de l’Europe sont des constructions historiquement et idéologiquement situées ? S’agit-il de responsabiliser au développement durable en conformité avec les principes frileux de gouvernance édictés par l’ONU et l’UE, et avec les discours démagogiques de l’écologie de droite ? De poser en exemple des politiques publiques qui intègrent, à toutes les échelles, les principes de la compétitivité érigée en dogme économique ? Ou de montrer comment la définition actuelle des problèmes géographiques et les réponses qu’on leur donne découlent des rapports de force inhérents à la mondialisation capitaliste néolibérale ?

Les professeurs d’histoire-géographie doivent-ils accepter d’être de simples transmetteurs ? Débordés par les tâches administratives plus importantes et par une fatigue professionnelle accrue par les classes surchargées, les heures supplémentaires plus ou moins imposées et les problèmes matériels que pose aux établissements la pénurie organisée des moyens, les enseignants ont tendance à se contenter de rapporter aux élèves (sous la forme de récits convenus, de fiches prêtes à l’usage et autres présentations Powerpoint pré-formatées sur Eduscol) les discours du pouvoir politique et économique.

Pouvons-nous redonner à l’histoire-géographie sa fonction citoyenne ?

Pouvons-nous démontrer que les enseignants ont une formation scientifique qui les rend seuls aptes à décider des contenus de leurs disciplines ?

Pouvons-nous reprendre le contrôle sur l’élaboration des programmes, des méthodes scolaires et des modes d’évaluation ?

 Pour vous inscrire :

La date limite d’envoi de votre demande de stage est le 16 novembre 2010.

Celle-ci doit être adressée au Recteur, par voie hiérarchique.

Vous avez droit à 12 jours de formation syndicale par an.

Votre chef d’établissement n’a pas autorité pour accorder ou refuser ce stage, ni même pour émettre un avis.

Une absence de réponse du rectorat dans un délai de 15 jours vaut autorisation d’absence.

Toutes les informations et le modèle de demande à adresser sous forme manuscrite sur le site académique :
http://www.versailles.snes.edu/spip.php?article261

Indiquez-nous votre participation à l’adresse suivante :
stages@versailles.snes.edu