CTA de rentrée du 3 septembre : un premier bilan accablant pour le Rectorat !

mardi 8 septembre 2020
par  Snes S3 AT

Ce jeudi 3 septembre s’est tenu le premier CTA (Comité Technique Académique) de l’année, il était présidé par Madame la Rectrice.

Ce CTA, programmé en juillet dernier, devait initialement permettre de faire le bilan du confinement et du déconfinement vécus l’année dernière par les personnels et par les élèves. Périodes au cours desquelles le Ministère s’est illustré par une impréparation totale, contrairement à ce que le discours médiatique qu’il nous a infligé était supposé nous faire croire. Le Rectorat, en refusant de donner des directives claires à l’ensemble des établissements, porte quant à lui la responsabilité des nombreuses situations ubuesques vécues par les personnels.

Cela devient une déplorable habitude : lors de ce CTA, le Rectorat n’a pas tenu ses engagements. Le bilan n’était pas prêt et ne sera donc présenté qu’au mois d’octobre lors du prochain CTA.

Les représentants FSU ont demandé que ce CTA traite des mesures sanitaires de cette rentrée et que soit présentée la réalité des moyens dans les établissements.

Vous trouverez dans la déclaration de la FSU lue à l’ouverture de ce CTA les revendications portées par vos élus FSU.

 Conditions sanitaires

La Rectrice a d’abord prétendu ne pas comprendre nos demandes au sujet des masques dans les établissements, affirmant qu’il n’y avait pas de problème concernant les masques, hormis peut-être pour les masques « transparents » à destination des personnels travaillant avec des enfants sourds, masques spécifiques que le Rectorat vient seulement de commander !
Nous avons rappelé que dans de nombreux établissements, la pré-rentrée et la rentrée s’étaient faites sans que les masques aient été distribués aux personnels. De nombreux établissements fonctionnent encore pour le moment avec les dotations de masques dans l’an dernier. Quant aux masques de type 2, préconisés pour les personnels vulnérables, peu d’établissements en sont équipés.
Nous avons exigé un état des lieux des comptes propres des établissements de l’académie ; nombre d’entre eux ont été contraints d’engager des dépenses conséquentes pour acquérir le matériel nécessaire à la protection des personnels et des usagers, en attendant que les livraisons promises arrivent. Sur ce point un bilan nous sera présenté ultérieurement.

Nous avons aussi interrogé le Rectorat sur la dotation de masques prévue pour chaque personnel. Il nous a été répondu que cette dotation était de 4 masques, réutilisables. Compte tenu de l’incapacité du Rectorat à assurer l’entretien de ces masques (selon les réponses qui nous ont été faites), nous avons exigé que les personnels soient dotés d’au moins 20 masques, suffisamment donc pour pouvoir tenir une semaine.

Nous interrogeons l’Administration depuis le mois d’août pour connaître le détail du protocole pour les personnels (que faire en cas de symptômes ? que doit faire un cas contact ? que faire si l’école de mon enfant est fermée...). Face à l’absence de réponses précises sur de nombreux sujets nous avons demandé des précisions sur les situations des personnels vulnérables, cas contacts, personnels positifs....
=> Voir notre article : « Rentrée et crise sanitaire - personnels vulnérables, cas contacts, personnels positifs... : quelle réponse à votre situation ? ».
La FSU continue d’intervenir auprès du Rectorat sur l’ensemble de ces situations.

Nous avons aussi porté notre revendication de la gratuité des masques pour les élèves, en dénonçant le fait que le Rectorat se satisfasse d’une situation inéquitable sur l’académie avec une prise en charge des masques très variable selon la collectivité de rattachement. Il est du devoir de l’Éducation Nationale de fournir des masques aux élèves, afin que soit respecté le principe de gratuité du Service public d’éducation.

Nous avons interrogé le Rectorat sur la question des stages en entreprise pour les élèves dans la période actuelle : les stages restent d’actualité pour les élèves de troisième ; pour les BTS, le rattrapage commence rapidement, avec une attention particulière portée au règlement sanitaire des entreprises ; les stages se déroulant entièrement en télétravail sont déconseillés.

 Conditions de rentrée et moyens

La FSU a réitéré sa demande de moyens supplémentaires face à la dégradation des conditions de travail des personnels et d’étude des élèves, demande renforcée par les écarts scolaires et sociaux qui se sont accrus pendant la période du confirment.
La Rectrice s’est contentée de réitérer la présentation qu’elle avait faite au moment de la préparation de rentrée de l’an dernier (voir notre article suite au CTA préparation de rentrée), mettant artificiellement en avant des moyens supplémentaires, en réalité insuffisants pour compenser l’augmentation du nombre d’élèves !
La Rectrice a ensuite présenté comme une réponse d’ampleur l’enveloppe de 130 000 HSE à utiliser avant les vacances de la Toussaint et censées répondre aux difficultés du confinement. Dans les faits ces heures ont été attribuées aux établissements selon deux critères : effectifs et classement IPS (indicateur de position sociale).

  • Pour les collèges, quatre volumes de dotation possibles (90h, 115h, 140h et 190h) ;
  • Pour les lycées, également quatre dotations possibles (150h, 220h, 310h et 405h).
    Nous avons dénoncé un discours trompeur, ne visant qu’à masquer la situation de l’académie en cette rentrée, avec des effectifs qui explosent dans les classes : les seuils de 30 élèves en collège et 35 en lycée sont dépassés dans de nombreux établissements de l’académie. Présenter la récupération par le Rectorat des HSE non utilisées pendant le confinement comme une réponse aux écarts causés pendant le confinement relève du tour de passe-passe et trahit, une fois de plus, le mépris de notre administration pour nos conditions de travail et surtout pour les conditions d’études des élèves.

Nous avons interpellé la Rectrice, en soutien aux mobilisations en cours dans les établissements de l’académie en particulier du Val d’Oise et exigé qu’elle réponde aux demandes légitimes des collègues. La destruction de l’éducation prioritaire entamée par le Rectorat l’an dernier est la cause de plusieurs de ces mobilisation. Le Rectorat prétend répondre à ces situations en fonction de la réalité des établissements : réalités une nouvelle fois bien loin du terrain...
La FSU apporte tout son soutien et prend part aux actions menées dans l’académie en ce début d’année.

Nous avons eu aussi un rapide échange sur Parcoursup et le nombre important d’élèves encore cette année sans affectation dans le supérieur. Un bilan nous sera présenté au CTA d’Octobre.

La Rectrice s’est satisfaite de la réussite de la mise en place de l’école inclusive dans l’académie. La FSU en partant de la réalité du terrain a dénoncé ce bilan en rappelant que la réalité était bien autre : comment se satisfaire de l’inclusion quand dans des classes d’éducation prioritaire les effectifs atteignent 30 élèves, avec une hétérogénéité forte, mêlant des élèves allophones d’UPE2A et des élèves d’ULIS en situation de handicap… Cette situation illustre parfaitement l’hypocrisie du discours institutionnel qui prétend réussir l’inclusion sans lui consacrer de moyens.
Nous avons aussi dénoncé les conditions de travail des AESH dans l’académie et plus particulièrement leur gestion par les DSDEN. Nous exigeons des procédures plus transparentes et plus justes, avec une visibilité donné aux organisations syndicales pour en garantir la mise en œuvre.

Déclaration FSU CTA du 3/09/20