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CTA du lundi 27 mai : l’Education nationale rattrapée par l’application forcenée de l’austérité

mercredi 29 mai 2013
par  Snes S3 MBV

 Des coupes en catimini, sans préavis, selon un calendrier et des méthodes destinés à empêcher les réactions collectives

En contradiction avec les déclarations et les engagements du Président et de son gouvernement, la réduction forcenée de la dépense publique pour combler les déficits n’épargne pas le Service public d’Education. Les coupes s’opèrent en catamini, sans préavis, selon un calendrier et des méthodes manifestement destinés à empêcher les réactions collectives. Les personnels et leurs représentants reçoivent les informations tardivement et de façon tronquée alors que la hiérarchie en dispose depuis au moins deux mois et, en l’absence de toute transparence, prend des décisions qui vont avoir un impact lourd sur le fonctionnement du Service public d’Education et l’exercice des missions des personnels.

Les élus du SNES-FSU ont vivement dénoncé sur le fond et la forme cette politique lors du CTA du 27 mai.

Vous pouvez télécharger leur déclaration préalable => ici

 Une baisse inacceptable, indéfendable et injustifiable du nombre d’AED

+ 4817 élèves dans l’académie, - 189 emplois d’AED

Alors que ses effectifs sont en hausse (+2370 élèves en collège, + 2447 élèves en lycée), l’académie, déjà sous dotée et laminée par les suppressions des années Sarkozy, perd à la rentrée 189 emplois d’AED, chiffre porté à la connaissance des chefs d’établissement depuis la mi-avril.

  • C’est la conséquence de la non imputation au budget de l’augmentation, pourtant très chiche, du SMIC et donc de la rémunération des AED. Le gouvernement entend ainsi financer une mesure de revalorisation catégorielle légitime mais très limitée par des destructions d’emplois correspondantes. C’est inacceptable et dans la continuité des pratiques du gouvernement précédent qui avait érigé en principe la logique du donnant-donnant. Cela se traduit au niveau national par la suppression de 2000 emplois d’AED.
  • C’est un revirement qui suscite de lourdes interrogations sur la continuité de la politique gouvernementale. En effet, suite aux mobilisations des personnels, une des rares mesures d’urgence prise avant les élections législatives de l’an passé, pour améliorer les conditions de la rentrée 2012, avait été de créer des emplois d’AED supplémentaires, 147 pour l’académie de Versailles.
    Avec les coupes annoncées, la situation dans les établissement sera encore plus mauvaise qu’à la rentrée 2011 dans l’académie.
  • C’est un plan social qui se dessine et qui va toucher les jeunes en premier lieu alors que l’objectif est à la lutte contre le chômage.
Un gestion opaque des suppressions : élus et personnels placés devant le fait accompli

Lors du CTA du 27 mai, le Recteur a annoncé officiellement la répartition des suppressions entre départements, sans faire la clarté sur les critères qui avaient présidé à cette décision.

Evolution rentrée 2012-rentrée2013
Yvelines - 46
Essonne -48
Hauts de Seine -44
Val d’Oise -51

La répartition par établissement relève des départements et des DASEN qui l’annonceront lors des comités techniques départementaux (6 juin dans les Yvelines, 7 juin dans les hautes de Seine, 13 juin dans l’Essonne, 14 juin dans le Val d’Oise). Les instances élues sont ostensiblement contournées puisque les chefs d’établissements connaissent d’ores et déjà leurs moyens vie scolaire pour l’année prochaine.
Les lycées et les assistants pédagogiques sont indiqués comme les cibles des suppressions.

Vigilance sur les dérives dans les établissements sur des glissements de missions

Pour gérer la pénurie dans les établissements, avec l’incitation tacite du Recteur et de ses directeurs académiques adjoints qui font désormais référence à un taux d’encadrement global, des pressions fortes vont exister pour faire glisser les missions de surveillance et d’accompagnement vers d’autres personnels : les emplois d’avenir professeurs, les emplois aidés...
Le SGEN-CFDT a même suggéré que, compte tenu du contexte, des actions de formation et une évolution du référentiel des métiers des enseignants seraient nécessaires pour impliquer ces derniers davantage dans le suivi de la vie scolaire !

Agir ensemble

Le SNES exige que tout le potentiel d’Assistants d’Education soit maintenu et même abondé au regard des augmentations d’effectifs prévus par le Recteur à la rentrée prochaine.

Il s’oppose à toute dérive sur les glissements de missions et les alourdissements de charge de travail que pourraient organiser les chefs d’établissement en exigeant les créations de postes correspondant aux besoins et aux missions : AED, CPE, infirmier, assistante sociale....

Il appelle dans les établissements à rechercher les convergences avec les parents d’élèves et les lycéens pour prendre des initiatives diversifiés afin d’obtenir les moyens nécessaires (courrier, audience...) et à prendre contact avec les sections départementales.

Au niveau national comme académique, il recherche la construction la plus large d’une action unitaire.

 Alerte : les classes à PAC et les options artistiques en lycée menacées

Les nouvelles priorités ministérielles en matière de politique culturelle, imposées contre l’avis de la majorité des acteurs de l’action culturelle et éducative, à travers la déclinaison des « parcours artistique et culturel de l’élève », d’un côté, la réduction des lignes de crédits au sein du Rectorat concernant le financement des partenariats à la base des projets artistiques et culturels, menacent dès la prochaine rentrée la pérennité des classes à PAC et des options artistiques facultatives au lycée.

En l’état, dans l’académie, tous les projets sont bloqués.

Les DRAC refusent, en effet, de financer les interventions d’artistes à la base des options artistiques facultatives en lycée, les condamnant à la fermeture. en raison des nouvelles directives du ministère de la culture qui a décidé de privilègier les projets ponctuels.
Le Rectorat ne peut non seulement assumer le financement seul des partenariats dans les établissements mais, en raison des gels de crédits, une amputation d’un tiers de l’enveloppe qui y est dévolu serait programmée.

Le Recteur est resté très nébuleux sur ce dossier sensible, s’engageant à tout faire pour maintenir les dispositifs existants.

C’est toute une conception de l’enseignement artistique et de la diversité de l’offre de formation dans les établissements publics qui sont menacées.
Pour le SNES, la défense et la promotion des classes à PAC et des options artistiques facultatives en lycée sont au coeur de son combat pour faire vivre et construire une Ecole authentiquement démocratique, fondée sur la transmission et l’appropriation d’une culture commune par tous les élèves.

Il est en train d’intervenir auprès du Ministre de la culture et du Ministre de l’Education nationale pour exiger :

  • le maintien des dispositifs existants
  • la remise à plat des orientations et des directives sur les parcours artistiques et culturelles

Il appelle les personnels à faire remonter auprès de la section académique toutes les difficultés et les blocages.

En fonction des réponses, il proposera aux personnels et aux partenaires des initiatives pour obtenir un changement de cette politique.