Etat de catastrophe éducative annoncée à la rentrée 2011

Le Recteur en CTPA annonce les mesures de suppressions d’emploi : démembrement de l’Education prioritaire, réduction de l’offre de formation, « bourrage des classes », application des horaires planchers...
mercredi 2 février 2011
par Snes S3 MBV

Affiche sur l’état de catastrophe éducative annoncée disponible => ici

 Etat de catastrophe éducative annoncée à la rentrée 2011

Les DGH par établissements sur l’espace syndiqué : Accès identifiant 6 chiffres code 4 lettres

78 91 92 95

La délégation FSU (7 sièges sur 10) suivie par celle du SGEN (1sièges) avait refusé de sièger au comité technique paritaire académique convoqué le 12 janvier pour rendre un avis sur le budget académique et la répartition des grandes masses afin de dénoncer :

  • Un budget catastrophique (- 493 emplois, + 1159 élèves dans une académie déjà sous dotée et marquée par une aggravation des inégalités)
  • le refus de garantir la transparence sur l’application des mesures de suppressions d’emploi que veut effectuer le Recteur sous couvert de l’autonomie des établissements et d’un renforcement de la déconcentration

L’UNSA (1 siège) et FO (1 siège) avaient fait le choix de sièger mais, faute de quorum, le Recteur n’a pu ouvrir le CTPA.

Celui-ci s’est tenu mercredi 12 janvier. La délégation FSU a dénoncé un budget de rigueur qui, conjugué aux réformes Chatel et à la mise en place du socle commun, trahit le renoncement à l’ambition de faire réussir tous les élèves pour imposer une conception ségrégative et régressive de l’Ecole avec en toile de fond la dégradation des conditions de travail des personnels et la remise en cause de leurs missions. D’autre part, la définition des leviers pour supprimer des emplois laissée à chaque Recteur marque une nouvelle étape de déconcentration préparant un éclatement du service public d’Education.

Déclaration préalable de la FSU disponible => ici

 Pour le Recteur, tout roule… Pour les élèves et les personnels, le grand bond en arrière !

Lors du CTPA, en guise de réponse, le Recteur de l’académie de Versailles, reprenant l’antienne ministérielle, s’est employé à minimiser la portée des suppressions d’emploi, y voyant un retour à la normalité (retour à des taux d’encadrement des années 80 quand le second degré français accusait un retard considérable par rapport à la moyenne des pays développés) et la contribution de l’académie à l’effort public de réduction du nombre de fonctionnaire et des déficits (dont le privé est en partie exempté puisqu’une partie des emplois qui auraient dû être supprimés, à savoir 20% du nombre de suppressions totales, ont été imputés au public). Que l’on puisse voir dans ces suppressions d’emplois le sceau d’une politique de classe profondément inégalitaire qui privilégie les nantis et abandonne les autres, accélère le désengagement de l’Etat, compromet l’avenir de la jeunesse ne peut que relever d’un manque de finesse dans l’analyse d’une réalité complexe, selon lui.

Les termes de rationalisation, d’amélioration, d’optimisation, se nourrissant de l’idéologie libérale et managériale très en vogue dans la haute fonction publique qui a érigé en dogme « faire mieux avec moins », ont inspiré sa présentation des choix qu’il a opéré pour supprimer les emplois.

 Rationaliser l’offre de formation, autrement dit la réduire pour supprimer l’équivalent de 90 emplois

L’implantation des formations s’effectue désormais au regard de principes qui sont de moins en moins ceux du service public (égalité d’accès, continuité sur tout le territoire, proximité, gratuité...) et relèvent de plus en plus de ceux de l’organisation d’un marché des formations mêlant l’ensemble des « opérateurs » de formation, public comme privé....

Cette logique pernicieuse a été particulièrement manifeste pour la présentation de la carte des BTS. Ce sont 11 BTS qui sont fermés dans l’académie pour à à peine 3,5 ouvertures de sections dont 2,5 sous statut d’apprentissage. Le Rectorat a justifié ses coupes sombres par une offre qui serait pléthorique dans l’académie, un taux de remplissage des sections insuffisant, une forte érosion au cours de l’année des étudiants, l’existence de formations équivalentes dans le privé ou en apprentissage...

Les élus de la FSU ont condamné ce discours qui tourne le dos aux principes du service public, méprise les difficultés liées à la condition étudiante aujourd’hui et la particularité des publics accueillis dans la plupart de ses sections. Ils ont réclamé le maintien des BTS supprimés qui ont tous fait la preuve qu’ils remplissaient une mission essentielle du service public, représentaient une voie de réussite pour des étudiants nombreux et répondaient à des besoins des entreprises. Le Recteur, tout à l’application de sa logique comptable, a refusé tout réexamen parce qu’il faut supprimer des emplois et que les étudiants peuvent se déplacer pour suivre ces formations ailleurs dans l’académie, y compris dans le privé...

Dans la voie professionnelle, 10% des capacités d’accueil en CAP ont disparu, des CAP ont été fermés comme des divisions de bac pro alors que 7000 élèves n’ont pas eu satisfaction sur leur 1er voeu pour les affectations en voie professionnelle !

 Réorganiser l’Education prioritaire, autrement dit la démembrer

Se prévalant d’un consensus qui n’existe que dans des cénacles d’experts aux ordres et s’exonérant des classements nationaux, le Recteur, sur la base de critères grossiers et profondément discutables, a décidé dans la plus grande opacité et de manière autoritaire de diminuer de moitié le nombre d’établissements qui, selon lui, doivent recevoir des moyens supplémentaires. Il exclut d’emblée tous les lycées de la liste. Et cela dans un contexte marqué par le renforcement de la pauvreté, l’accroissement des inégalités socio-économiques et dans une académie connue pour sa très forte polarisation sociale, la vivacité des contrastes entre zones de relégation et zones de prospérité, la disparité des résultats scolaires.

La lutte contre les inégalités est devenue un coût insupportable pour le Recteur mais il présente cette politique de démembrement comme une relance en utilisant les arguments tendancieux habituels (saupoudrage des moyens, inefficacité de la politique des ZEP, carte inadaptée aux évolutions…) et comme un laboratoire des mesures que le Ministère sera amené à prendre dans les prochains mois.

A terme, selon le Recteur, ce démantèlement concernera aussi le 1er degré dont les écoles en ZEP ont un nombre d’élèves inférieurs par classe et reçoivent des personnels supplémentaires (RASED…). Il a renvoyé aux inspections académiques la définition des dotations supplémentaires comme la possibilité d’élargir la liste et d’y inclure des lycées.

Liste des établissements protégés et des établissements exclus => ici

Le SNES appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser contre cette remise en cause rectorale de l’Education prioritaire. Ses élus dans les CTPD qui doivent être consultés pour la répartition des dotations dans les établissements s’opposeront à cet abandon programmé des établissements difficiles.

 Optimiser les moyens, autrement dit, dégrader les conditions d’études des élèves et de travail des personnels pour supprimer l’équivalent de 400 emplois

Après avoir augmenté les heures supplémentaires, laminé les moyens de remplacement et détruit la formation professionnelle des jeunes enseignants pour récupérer des emplois de stagiaires, le Recteur va faire porter les suppressions d’emplois décidées par le Ministère dans les établissements ;

  • En augmentant le nombre d’élèves par classe, en supprimant les dédoublements
  • En appliquant partout les horaires planchers
  • En réduisant les options

La réforme des lycées, celle des STI et celle de la gouvernance des établissements vont servir d’outils pour conduire cette chasse aux postes dans les établissements.

L’asphyxie organisée du service public d’Education dans l’académie de Versailles en quelques chiffres :

 Total académique :

type d’établissement élèves emplois
collège + 1486 - 142
LGT/LP - 429 - 304
total + 1159 - 493

Pour parvenir au total, il faut ajouter les SEGPA, les EREA... qui perdent des emplois également !

 Yvelines :

type d’établissement élèves emplois
collège +883 - 35
LGT/LP - 194 - 118
total --- - 167

 Essonne :

type d’établissement élèves emplois
collège +406 - 29
LGT/LP + 255 - 54
total + 647 - 85

 Hauts de Seine :

type d’établissement élèves emplois
collège + 698 - 34
LGT/LP + 19 - 84
total --- - 121

 Val d’Oise :

type d’établissement élèves emplois
collège - 508 - 64
LGT/LP + 29 - 48
total - 585 - 105

 Pour imposer d’autres choix pour nos élèves, le système éducatif et les personnels, ensemble, résolument, dans l’action

Samedi 22 janvier, le SNES avec la FSU et le collectif « L’éducation est notre avenir » appelle à la réussite de la journée nationale de mobilisation contre le budget 2011, les réformes et leurs conséquences désastreuses.

Cette journée nationale de mobilisation est une étape dans le plan d’action que le SNES entend mettre en œuvre pour imposer d’autres choix.

Le SNES appelle les collègues à construire dans les établissements la mobilisation et à réussir ces journées d’action pour préparer une grève majoritaire en février et le succès d’une grande manifestation nationale, à Paris, en mars.


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