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E3C : le Ministère saborde le bac !

lundi 7 octobre 2019
par  Snes S3 AT

Mise à jour 3 novembre
Toutes les épreuves de bac doivent être indemnisées, les textes règlementaires existent ! Lire les précisions dans notre article

Mise à jour 19 octobre
Le SNES-FSU a publié les résultats de son enquête : sans surprise, la plus grande incertitude plane sur les modalités d’organisation des E3C : par exemple, près de 60 % des collègues interrogés ne savent pas si les cours seront banalisés. La note ministérielle n’a pas tranché des questions essentielles, mais confirme l’orientation du nouveau bac Blanquer : un renvoi au local de l’organisation qui fait disparaître la dimension nationale du baccalauréat.
Retrouvez les résultats de l’enquête du SNES-FSU E3C : un état d’impréparation inédit et inquiétant

Continuons à informer collègues et parents d’élèves !
— > la note ministérielle revue et corrigée par le SNES-FSU à diffuser à tous les collègues : Faux cadrage, vraies inégalités, le SNES-FSU décrypte la note du Ministère
— > dans les CA de la rentrée, faites voter, avec les parents d’élèves, la motion suivante.

Proposition de motion



Dernière minute :
Le SNES-FSU a été reçu ce vendredi 4 octobre au Ministère sur la question particulière des épreuves communes de contrôle continu. Renvoi au local et absence de cadrage, sous prétexte de souplesse, le Ministère organise une véritable désorganisation des établissements dont les premiers à pâtir seront les élèves et les personnels. Comment croire Jean-Michel Blanquer quand il affirme avoir renforcé le bac ?!
=>Plus d’informations sur le lien suivant.
N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions : lycee@versailles.snes.edu


Les épreuves communes de contrôle continu (E3C) illustrent sans doute au mieux les conséquences désastreuses de la nouvelle mouture du bac imposée par le ministère de l’Éducation nationale.
Les angoisses des collègues concernés sont fortes, la confusion règne et l’Administration semble désemparée. Quand cette dernière commence à s’avancer sur l’organisation des E3C, les mesures envisagées ne font que confirmer ce que le SNES-FSU avait déjà mis en évidence et dénoncé.

Ce qui prédomine dans l’académie de Versailles, tout comme dans la majorité des autres académies de France, c’est l’opacité.
Les consignes ministérielles sur l’organisation des épreuves ont été réunies et commentées par le SNES-FSU. On peut les consulter ici.
Elles sont si floues que les Rectorats, les DSDEN et les établissements en sont réduits à des bricolages qui, dans leur essence même, remettent totalement en cause le caractère national du baccalauréat.
=> C’est pour y voir un peu plus clair dans cette confusion que nous avons appelé les collègues à notre enquête sur les E3C. Les résultats sont accessibles ici :

 Un calendrier inquiétant

Dans l’académie de Versailles, aucun vrai calendrier précis n’a été communiqué par le rectorat mais quelques dates à destination des chefs d’établissement. Les premières E3C auraient lieu entre le 20 janvier et le 4 mars 2020 et les secondes entre le 20 avril et le 3 juin inclus. C’est aux établissements de fixer les dates précises et le caractère national de l’examen est sciemment dégradé dans la perspective qui est celle du ministère. Le rectorat se permet de « cadrer » un peu plus le déroulement des langues rares à effectifs réduits dites « les moins répandues » : les épreuves se tiendront entre les 3 et 7 février et, pour la deuxième session, entre les 18 et 20 mai 2020.
Pour la première session, les commissions d’harmonisation se tiendront du 10 au 13 mars puisque la date de remontée des notes harmonisées au niveau national doit se faire pour le 13 mars. La communication des notes aux candidats doit se faire entre le 16 et le 20 mars.
Pour la deuxième session, les commissions d’harmonisation se tiendront du 9 au 12 juin puisque la date de remontée des notes harmonisées au niveau national doit se faire pour le 12 juin. La communication des notes aux candidats doit se faire entre le 15 et le 19 juin.

On ne sait pas comment ces épreuves se combineront avec les épreuves blanches du contrôle terminal du baccalauréat. Le Ministère incite à ne pas banaliser les jours de passage des E3C, démontrant bien ainsi du peu de cas qu’il fait de ces E3C : sans banalisation, les élèves devront composer sur des sujets différents par classe pour éviter les fuites. L’idée de sujets communs garants d’une évaluation qui ne serait pas totalement « locale » perdrait toute consistance. Prudemment le rectorat de Versailles ne se prononce pas sur la question, laissant encore une fois les établissements trancher.

  Les dangers de la correction numérique

Alors que l’on se dirige manifestement vers une correction de copies sous format numérique, à même l’écran, l’étape importante d’un scannage chronophage des copies n’a toujours pas été clairement définie même si le logiciel Santorin apparait comme la solution à la plupart des problèmes. Des scanners dédiés cette fonction sont arrivés dans certains établissements mais les personnels sur place n’ont pas été nécessairement formés à leur usage.
En outre, manifestement l’Administration ne semble pas être au courant des réserves émises par les spécialistes sur l’usage du tout numérique, qui fatigue la vue et fait décroître l’attention. Si des ordinateurs seront dédiés à la correction dans les établissements, il est vraisemblable qu’une bonne partie des professeurs sera contrainte – notamment durant les vacances scolaires – de corriger les copies avec leur équipement personnel et leur propre connexion internet.
La contrainte pour les collègues sera bien là !
On ne sait si tous les professeurs de l’établissement seront amenés à corriger les copies d’une épreuve que, pour certains, ils n’ont pas préparée, et sur des programmes qu’ils n’ont pas travaillés.
Si le Ministère refuse de répondre clairement à la question de la rémunération de la correction : la question serait à l’étude. Sachant que les collègues seront toujours contraints de faire cours tout en corrigeant les copies attribuées, on voit que ces épreuves communes seront une tâche très lourde et ingrate. Dans ce contexte, on peut s’inquiéter sur la qualité de la correction, quel que soit le sens de la déontologie des enseignants, sur lequel tout le monde s’accorde.
Dans tous les cas de figure, le SNES-FSU revendique, si les E3C se tiennent en l’état, l’application des textes existants qui prévoient une rémunération de 5 euros par copie.

  Une banque des sujets bien trop vide

La plus grande pagaille règne dans le choix des sujets des E3C. La note de service ministérielle suivie sur ce point par celle du rectorat de Versailles est très inquiétante : ce choix incomberait en dernière instance aux chefs d’établissement, soudainement dotés de compétences pédagogiques inattendues. Conscient sans doute du caractère intenable de la décision, l’auteur de la note de service l’assortit d’une réserve : le sujet sera choisi parmi un ensemble de sujets sélectionnés par un groupe de professeurs désignés par le chef d’établissement lui-même. On voit donc ici la logique du tout local s’affirmer ainsi que la volonté de créer des « hiérarchies intermédiaires » entre les collègues.

Nonobstant ces mesures, le choix est, de toute façon, plus que limité : la fameuse banque de sujet est désespérément vide et les corps d’inspection ont dû enjoindre les collègues de faire des propositions « volontaires » de sujets. La pénurie de sujets en ce début octobre sera sans doute aggravée par le fait qu’ils ne seront pas modulables et déclinables en plusieurs versions. L’ouverture de la banque de sujets annoncée pour le 1er décembre risque d’être une « ouverture » sur des manques criants.

  L’annulation de la première session des E3C s’impose

Dans ce contexte de chaos dont on ne sait plus s’il est involontaire, accepté, voire souhaité par un ministère qui ne semble même pas apte à défendre et à organiser sa propre réforme, le SNES-FSU Versailles maintient la revendication d’une annulation de la première session des E3C de janvier. Tout en conservant sa critique fondamentale de la philosophie de cette épreuve, il exige qu’au moins des conditions décentes d’épreuves soient respectées pour les professeurs et pour les élèves.
Le SNES-FSU encourage les enseignants à faire voter une motion au CA dénonçant la situation dont le modèle se trouve en pièce jointe.

Proposition de motion