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Rentrée 2019, réforme du lycée, ParcourSup, SNU : compte-rendu des derniers CTA

mardi 26 mars 2019
par  Snes S3 SV

Ci-dessous le compte-rendu des deux derniers Comités Techniques Académiques, celui de février 2019 et de mars 2019. Le CTA réunit des représentants des personnels, désignés lors des élections professionnelles qui se sont déroulées en décembre 2018 et des représentants de l’Administration : Rectrice, Secrétaire général, Secrétaires généraux adjoints et Directeurs Académiques, ainsi que les services du Rectorat. Cette instance de dialogue social se prononce sur un certain nombre de sujets.

 CTA du 21 mars

Lire la déclaration préalable de la FSU
Parmi les réponses apportées par l’Administration, celles sur la préparation de rentrée est particulièrement révélatrice de la réalité des conditions de rentrée. En janvier dernier, la Rectrice reprenait les éléments de langage ministériels et annonçait la création de 141 emplois dans l’académie de Versailles. Le SNES-FSU avait fait la démonstration en CTA du caractère peu sincère de cette affirmation, en raison de la transformation d’emplois en HSA, à hauteur de 183 ETP, qui amenait en réalité à la perte de 42 emplois, estimation syndicale qui avait donné lieu à quelques échanges entre l’Administration et les élus du SNES-FSU. Les éléments apportés par la Rectrice lors de ce nouveau CTA montrent que notre analyse était fondée : sur l’académie, le solde créations-suppressions de postes dans l’académie est de -51, avec 137 mesures de cartes scolaires, un chiffre en augmentation par rapport à la rentrée 2018, alors même que les collèges et les lycées vont accueillir 5676 élèves de plus à la rentrée 2019. Les deux mesures principales pour la rentrée 2019, la pression aux HSA et la réforme du lycée, expliquent en bonne partie ce bilan sur les postes.

 Réforme du lycée

Le CTA a commencé par un point d’étape sur la mise en place de la réforme des lycées. La notion de « point d’étape » est assez singulière puisque l’Administration s’est bornée à répéter les éléments de langages désormais parfaitement rôdés, si bien qu’il est inutile de les rappeler ici. Le SNES-FSU a amené le débat sur des points plus précis

  • lycée général et technologique : le SNES-FSU a montré que la carte des spécialités n’était qu’indicative puisque, dans quelques lycées, certaines spécialités ne sont pas ouvertes, alors qu’elles figurent sur la carte, en raison d’un nombre insuffisant d’élèves, la notion d’insuffisance étant très variable selon les établissements concernés. Nous avons également rappelé la nécessité d’avoir un cadrage académique sur la carte des options.
    Les élus SNES-FSU sont ensuite longuement revenus sur les problèmes posés par la note orientation de la DGESCO : les règles d’orientation en fin de 2de sont, en réalité, contraintes par bien des éléments, si bien que, comme l’avait très tôt montré le SNES-FSU, le lycée des possibles, tant vanté par Jean-Michel Blanquer n’est qu’un leurre. Parmi les nombreuses questions que nous avons posées, nous avons demandé comment seraient traités les vœux des élèves dès lors que le nombre de demandes excèderait les capacités d’accueil définis par la répartition de la DGH, mais aussi comment allaient être anticipés les éventuels ajustements de fin d’année entre la voie technologique et la voie générale.
    Nous avons également interpellé le Rectorat sur les premières remontées des conseils de classe qui laissent apparaître des choix d’orientation toujours très socialement polarisés, loin de mettre à mal a hiérarchie des disciplines. Le choix des élèves font également bien souvent réapparaître les filières. On est bien loin des grands discours ministériels…
  • lycée professionnel : alors que la filière GA (gestion-administration) est durement frappée par la réforme du lycée pro, la FSU a interrogé le Rectorat sur les modalités d’accompagnement des collègues concernés.

 Evolution de la carte des CIO

Trois fusions ont été présentées : Cergy/Pontoise, les Ulis/Massy et Evry/Corbeil
Le SNES-FSU a réaffirmé son opposition à ces fusions qui conduisent à un affaiblissement du service public puisqu’elles privent certains territoires de ressources de proximité.
Les conditions de travail des personnels concernés ont également été évoquées : charge de travail pour les DCIO qui se retrouvent, seuls, à la tête d’équipes plus nombreuses, dans des locaux trop petits. Au-delà de la question de la fusion, le SNES-FSU a rappelé que les conditions matérielles de travail dans les CIO étaient parfois très problématiques (CIO de Sarcelles cet hiver etc) et qu’il était indispensable que ces problèmes soient anticipés par les autorités.
Enfin, alors que le discours de l’Administration reprenait, sans surprise, les inclinaisons actuelles, en mettant l’accent sur la présence des PsyEN dans les établissements, le SNES-FSU a rappelé le rôle indispensable des CIO, qui accueillent également des jeunes décrocheurs, les mineurs venant de l’étranger, les jeunes sans affectation, les cellules du CASNAV, les étudiants.

 Moyens CPE

Un nouveau collège ouvre dans le 95 : aucun moyen supplémentaire en CPE n’ayant été accordé à l’académie, le Rectorat fait le choix du redéploiement entre retirant un poste de CPE au lycée Marie Curie à Versailles pour l’implanter au nouveau collège de Cormeille en Parisis. Le lycée Marie Curie se voit alors doté d’un nouvel emploi de proviseur adjoint.
Le SNES-FSU a dénoncé l’absence de dotation supplémentaire en moyens de CPE alors que les vies scolaires de notre académie sont sous très grandes tensions, en raison d’un manque de moyens évident. Il existe ainsi plusieurs collèges de plus de 600 élèves avec seulement un CPE ! Les élus SNES-FSU ont aussi pointé le problème posé par le redéploiement opéré qui brouille les frontières entre les missions de CPE et de personnels de direction.

 Moyens administratifs et infirmiers

Suppressions de moyens administratifs, absence de créations en matière de moyens infirmiers qui conduisent à une forme de redéploiement et de saupoudrage, la préparation de rentrée est toute aussi sombre pour les moyens dits « non enseignants ». L’élue du SNICS-FSU (syndicat des infirmières à la FSU) a notamment dénoncé les conséquences de tels choix : infirmières sur plusieurs établissements, qui ne peuvent suivre correctement des situations d’urgences et des dossiers d’élèves parfois lourds.

 SNU, école européenne

Comme lors des derniers CTA, seule la FSU a posé des questions diverses notamment sur le SNU (service national universel), l’école européenne de Courbevoie

  • SNU  : le 95 fait partie des 13 départements qui expérimenteront le SNU avant un déploiement national en 2020. Une première cohorte d’élèves sera « appelée » durant la première quinzaine de juin (autant pour la reconquête du mois de juin). Les élèves de 16 ans sont concernés, peuvent se porter volontaires pour cette préfiguration, mais tous ne seront pas retenus, car la cohorte d’appelés doit refléter une forme de mixité sociale.
    La FSU avait déjà questionné le Rectorat sur le lieu d’accueil, le Rectorat avait, cette fois, une réponse à nous apporter et elle fut pour le moins surprenante : en juin prochain, le SNU se déroulera dans…un établissement scolaire privé du 95 ! L’administration a beau mettre en avant les conditions d’accueil dans cet établissement, l’indisponibilité de la base de loisirs de Cergy, il y a bien quelque chose de complètement surréaliste à voir la grande initiative gouvernementale de citoyenne et républicaine se tenir dans un établissement privé ! Le SNES-FSU est alors intervenu sur les conditions de respect de la laïcité au quotidien dans de tels locaux, mais aussi sur l’identité des personnels amenés à intervenir dans les modules prévus (infirmières, professeurs d’histoire-géographique, d’EPS, gestionnaire etc). Sur ce dernier point, les intervenants adultes dans le SNU, les réponses restent pour l’instant assez floues….
  • école européenne de Courbevoie : dans le contexte de création des EPLEI dans la loi Blanquer, le SNES-FSU ne cesse d’intervenir, depuis plusieurs mois, auprès du Rectorat et de la DSDEN d 92 pour faire la lumière sur ce projet. A l’origine, l’école européenne de Courbevoie, localisée au lycée Aubrac, a vocation à accueillir les enfants des fonctionnaires européens, notamment l’agence bancaire qui, suite à l’annonce du Brexit, va quitter Londres. A l’occasion de ce CTA, nous avons appris que les classes de collèges et de lycée de l’Ecole Européenne seraient limitées à 30 élèves, ce qui est difficilement audible quand on sait que bon nombre de classes de lycée comptent 35 élèves ou plus dans l’académie  ! Le SNES-FSU a également pointé les problèmes posés par un recrutement très fermé des élèves, avec le risque de reconstitution inacceptable d’une forme d’entre-soi social et économique. Le Rectorat et la DSDEN du 92 assure que des mesures sont prises pour assurer une diversification du recrutement des élèves. Enfin, Brexit ou pas, l’école européenne ouvrira bien ses portes...

Les élus FSU au CTA : Patricia Braive (SNICS-FSU), Sylvie Donné-Lacouture (SNASUB-FSU), Martine Dupré-Félix (Snuipp-FSU), Pascal Houdu (Snuipp-FSU), Olivier Guyon (SNUEP-FSU), Bruno Maréchal (SNEP-FSU), Antoine Tardy (SNES-FSU) et Sophie Vénétitay (SNES-FSU)

 CTA du 21 février

Lire la déclaration préalable de la FSU
Ce CTA était essentiellement consacré aux règles du mouvement intra-académique (voir nos articles à ce sujet).
Suite à plusieurs questions de la FSU lors des précédents CTA, un bilan de ParcourSup a également été présenté. Les élus SNES-FSU ont alors montré, chiffres et faits à l’appui, que le bilan était très loin d’être aussi positif que le présente l’Administration. Pour la session 2019, le SNES-FSU a pointé les problèmes posés par l’anonymisation des dossiers des candidats qui concernent toutes les données personnelles sauf…le lycée d’origine, ce qui revient à institutionnaliser une forme de sélection par l’origine géographique et sociale ! Les élus de la FSU sont également revenus sur la nécessaire transparence à faire sur la fixation des taux de boursiers dans chaque licence, fixés par le Rectorat qui, l’an dernier, avaient davantage servi à réguler les flux, plutôt qu’à être des outils de mixité sociale. De manière plus générale, la FSU a réaffirmé son analyse de ParcourSup, outil de sélection plutôt que d’orientation.
Des échanges ont également eu lieu autour de CAPPEI, la FSU a pointé les nombreux problèmes rencontrés par les collègues, aussi bien dans le premier degré que dans le second degré.
Enfin, la FSU a continué d’interpeller le Rectorat sur le E-Pass Education et nos demandes ont fini par aboutir au retour des vacances. Epass Education : les clarifications du Rectorat après les interventions de la FSU

Les élus FSU au CTA : Patricia Braive (SNICS-FSU), Sylvie Donné-Lacouture (SNASUB-FSU), Martine Dupré-Félix (Snuipp-FSU), Pascal Houdu (Snuipp-FSU), Olivier Guyon (SNUEP-FSU), Bruno Maréchal (SNEP-FSU), Antoine Tardy (SNES-FSU) et Sophie Vénétitay (SNES-FSU)


Documents joints

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