CSTD créations et suppressions de postes des Hauts de Seine : des moyens encore insuffisants

lundi 20 mars 2017
par Snes S2 Hauts de Seine

Lors du CTSD du 16 mars dernier , la Direction académique a annoncé créer 82 postes supplémentaires pour la rentrée 2017, dans les collèges et lycées des Hauts-de-Seine. Cependant, parmi ces créations, sont inclus 56 postes correspondant à des postes spécifiques en ULIS (voir plus bas) et deux postes de CPE. En réalité ce ne sont que 23 postes qui sont réellement créés, ce qui est largement insuffisant notamment vis à de l’augmentation de plus de 1 100 élèves en plus dans le second dégré à la rentrée prochaine. Les élus FSU (SNES/SNEP) ont donc voté contre la proposition du Directeur académique et ont dénoncé cette nouvelle dégradation des postes dans le département.

  Pourquoi un vote contre ?

Les créations ne suivent toujours pas la croissance démographique ( + 577 élèves, en lycée, + 547 en collège). En lycée, 25 postes sont en apparence créés mais cela comprend des chaires CPGE, STS ainsi que 5 postes en ULIS. Le compte n’y est pas alors que les classes sont surchargées.

  • En collège, la réforme continue d’avoir des effets négatifs. L’EIST conduit ainsi à la suppression de postes en technologie et sciences et à la multiplication des postes à complément de service. Le rétablissement des bilangues et la création de groupes de LV2 à faible diffusion ne permet qu’à la marge de créer des postes. En conséquence, les collègues seront contraints soit d’accepter un poste à complément de service, soit de demeurer TZR. Enfin, certains collèges voient l’enseignement du Latin et du Grec par un professeur de Lettres Classiques disparaître.
  • En lycée, les dispositifs transversaux et l’EMC servent de variable d’ajustement. Ainsi, la répartition selon des logiques locales de l’EMC, sert d’argument à la Direction Académique pour refuser la création de postes en Histoire-Géographie dans plusieurs cas, malgré l’existence de BMP de 18 h.
  • Au total, le maintien d’un fort volant d’HSA fait obstacle à la création de postes et crée des situations ubuesques que nous avons dénoncées. A titre d’exemple un poste apparaît avec 4 heures de complément de service alors qu’il existe des heures supplémentaires dans la discipline. Des BMP (Blocs de Moyens Provisoires) apparaissent à moins de 18h. En conséquence, les TZR affectés sur ces BMP seront affectés sur deux établissements, alors qu’un BMP à 18h était tout à fait envisageable si l’on diminuait le nombre d’HSA.
  • Enfin, les conditions d’affectation sur les nombreux postes ULIS créés se révèlent opaques en raison de l’existence d’un mouvement inter-degrés. Les règles du paritarisme, telles qu’elles existent dans le second degré pour les postes spécifiques, ne sont pas respectés. En effet, la commission qui sélectionnera les dossiers des candidats se fera hors du contrôle des commissaires paritaires.

Le nouveau mode de calcul des DHG pénalise à nouveau les collèges les plus fragiles, notamment les collèges sortant de REP.

En revanche, nous nous sommes abstenus concernant la création de 2 de postes de CPE car un collège demeure sans poste de CPE mais un poste de stagiaire est susceptible d’y être créer comme cette année.

 Texte de la déclaration préalable

La préparation de la rentrée scolaire prochaine est la dernière du quinquennat et l’occasion de dresser un bilan. L’annonce emblématique de la création de 60 000 postes ne recouvrait pas, contrairement à ce qui avait été compris, la seule espèce des postes d’enseignants. 54 000 concernent l’EN. Une fois enlevé les non-enseignants (AED, AS etc.), les non-titulaires et le Supérieur, il reste 20 600 postes d’enseignants titulaires. Pour le second degré seuls 7 850 postes doivent absorber la pression démographie subie par le collège et le lycée : en dix ans , 260 000 élèves de plus ! le nombre de classes dépassant les 30 élèves a doublé. Le recours massif aux contractuels suffit à prouver l’insuffisance des créations. Et souligne surtout, quoi qu’on en dise, le peu d’attractivité du métier. Il ne suffit pas de dire qu’il y a des candidats au concours : il faut mesurer s’ils répondent aux exigences de ce concours. C’est comme cela que des centaines de postes n’ont pas été pourvus —depuis des années !— en mathématiques, en allemand et on peut multiplier les exemples. Les créations de cette année sont souvent la pérennisation d’enseignements déjà dispensés. Pour ce qui concerne ce comité technique, il s’ouvre avec 87 créations de postes supplémentaires ce qui pourrait paraître comme une amélioration en comparaison des années passées. Toutefois ces créations demeurent largement insuffisantes et en trompe l’œil. Tout d’abord, ces créations ne correspondent pas à la forte augmentation des besoins dans notre département. C’est tout particulièrement le cas en lycée où les 25 postes supplémentaires en net ne correspondent pas à l’augmentation prévue des effectifs (+ 577 élèves). Par ailleurs, dans de nombreux établissements, on remarque la multiplication des BMP à 18 h et le recours massif aux HSA. … Ensuite dans les collèges, 52 postes sont créés en net mais desquels il faut soustraire 50 postes en ULIS, c’est donc une non augmentation du nombre de postes d’enseignants alors que c’est plus de 500 élèves supplémentaires qui sont attendus à la rentrée prochaine. Nous constatons par ailleurs de nouveau des suppressions en Lettres Classiques, ce qui entraîne la disparition de ce champ disciplinaire dans certains établissements. La réforme du collège et l’introduction de l’EIST entraîne soit des suppressions des postes —notamment en technologie (-6) car malheureusement vacants, soit la multiplication des postes à complément de service.

Concernant les postes ULIS (option B C D), nous demandons une clarification rapide des conditions d’affectation notamment des collègues du second degré, dans le respect des règles du paritarisme auxquelles sont attachées nos collègues et qui garantissent un traitement équitable et transparent des candidatures

De plus, la simple création d’un poste n’y garantit aucunement l’installation d’un enseignant. En effet la crise du recrutement dans de nombreuses matières, et ce depuis de nombreuses années, ne cesse d’induire un nombre croissant de postes vacants à la rentrée et tout particulièrement dans les établissements les plus fragiles, accentuant leurs difficultés. Pour l’EPS, pour la deuxième année consécutive le solde de créations/suppressions est négatif. Moins un en 2016 et moins 2 en 2017, alors qu’il était possible de créer 5 autres postes et d’éviter une suppression. Ce qui aurait abouti à un solde de + 4 postes (voir nos demandes). Cette discipline est donc l’objet d’un traitement « particulier » incompréhensible dans les Hauts-de-Seine, alors que Monsieur le Recteur nous avait signifié qu’une attention particulière serait portée à la situation des postes EPS, lors de l’audience qu’il nous avait accordée en mai 2016. Nous constatons heureusement qu’il n’en est pas de même dans les trois autres départements de notre académie. L’augmentation des effectifs par classe (très prégnants en EPS), la perte d’heures (natation, classes à projet en collège) amplifiée par la mise en place de la réforme du collège caractérise la situation de l’EPS dans notre département et explique un tel bilan qui dévalorise l’EPS. Nous souhaitons que des réponses claires soient apportées à nos demandes lors de ce CTSD.

Pour conclure, nous nous inquiétons encore des moyens qui resteront aux remplacements. Pour le Snes-FSU, une vraie revalorisation est la condition sine qua non de l’attractivité des métiers, des classes moins chargées un moyen de réussite des élèves et d’amélioration des conditions de travail. Quant au service public, le travail opéré par vos services, leur disponibilité et l’implication de tous suffisent à disqualifier ceux qui veulent le mettre à bas.

Vos élu-e-s en Comité technique Julien Beaussier, Marie-Pierre Carlotti, Geneviève Royer et Matthieu Bierce. Pour le SNEP-FSU : Christel Giroud


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