Outils - témoignages - Monter une section SNES : s’organiser collectivement et agir pour la communauté éducative !

jeudi 17 novembre 2016
par Snes S3 SV

Trop compliqué, trop lourd, les hésitations sont parfois nombreuses au moment de se lancer dans l’animation de la vie syndicale de son établissement. Et pourtant, comme le montrent les témoignages ci-dessous, une section SNES peut jouer un rôle central dans la vie d’un collège ou d’un lycée, contribuant ainsi à recréer du collectif et obtenir des avancées qui profitent à tous. Cet article recense les outils et témoignages pour donner toutes les précisions utiles pour construire et animer un S1.

L’annonce d’un conseil pédagogique sur la mise en place de la réforme du collège, d’un CA sur la DGH de son lycée… des questions qui émergent dans la salle des professeurs sur les droits des uns et des autres (peut-on m’imposer cette réunion ?), des idées qui fusent sur des actions possibles… et pourquoi ne pas monter une section syndicale avec d’autres syndiqués SNES-FSU ?

Face aux multiples questions qui traversent la salle des professeurs, cette réponse n’est pas toujours la plus évidente et pourtant, elle est un moyen décisif pour faire face aux problèmes et interrogations qui se posent à la profession. Une section SNES-FSU d’établissement, un S1, est constituée de plusieurs collègues syndiqués (un ou plusieurs secrétaires, un trésorier) qui vont informer, organiser des réponses et actions collectives qui permettent d’améliorer la situation des personnels. Respect des droits de chacun, complément de DGH, construction de solidarités nouvelles, les victoires sont nombreuses comme le montrent, ci-dessous, les témoignages des S1. Nul besoin d’être un militant chevronné, la section d’établissement (S1) n’est pas isolée, elle est un maillon de l’organisation du SNES-FSU : il existe également des sections au niveau départemental (S2), académique (S3) et national (S4), dans lesquels les militants concernés pourront répondre à vos questions, à celles de vos collègues, vous aider à animer la vie syndicale de l’établissement.

 Extraits des témoignages de S1

  • collège Henri IV à Meudan (78) « toutes ces actions ont permis aux enseignants de mon collège d’être enfin entendus et reconnus »
  • collège Louise Michel à Corbeil-Essonnes (91) : « convaincus que le contre pouvoir est nécessaire au sein de tout fonctionnement, nous avons créé une section syndicale »
  • collège Anna de Nouailles à Luzarches (95) : « nous constatons une meilleure cohésion dans la salle des professeurs »

 Les outils

  • Contacts pour contacter le S3 : s3ver@snes.edu (questions d’emploi, de carrière), pour contacter les S2 (problème dans l’établissement, vie syndicale locale) : snes78@versailles.snes.edu, snes91@versailles.snes.edu, snes92@versailles.snes.edu, snes95@versailles.snes.edu

  • les stages de formation syndicale : ouverts à tous les collègues, syndiqués ou non, certains sont tout particulièrement destinés aux S1 : être élu au CA, préparer la rentrée, faire vivre le S1. Voir le programme sur notre site.

  • la FAQ des S1 : les militants de la section académique et des sections départementales ont recensé les questions auxquelles sont régulièrement confrontés les S1 (réunions obligatoires ou pas etc) et y ont apporté des réponses précises, avec les références réglementaires. Voir sur notre site.

 Les témoignages de S1

=> S1 du collège Henri IV à Meulan (78) « toutes ces actions ont permis aux enseignants de mon collège d’être enfin entendus et reconnus »

J’ai monté la section syndicale de mon établissement il y a trois ans, à l’occasion des élections au Conseil d’Administration. L’année précédente, mon collège avait été menacé de la fermeture de trois postes, en dépit d’heures supplémentaires suffisantes dans les disciplines concernées. Déjà syndiquée, j’avais contacté la section départementale du SNES. Grâce aux informations qu’elle m’a transmises, nous avons réussi à défendre les droits individuels des collègues concernés, et à nous opposer en Conseil d’Administration à la fermeture de leurs postes. Et nous avons gagné ! Certains collègues n’avaient malheureusement pas voté comme nous en CA... Alors, à la rentrée suivante, j’ai compris l’importance de présenter aux suffrages des collègues une liste syndiquée. Il fallait que les collègues sachent, en votant, quelles étaient les idées et les positions qui étaient les nôtres, et que nous ayons les moyens de les informer, de les défendre. J’ai recontacté la section départementale du SNES, qui a commencé par me référencer comme correspondante d’établissement. J’ai ensuite réuni les quelques collègues syndiqués de l’établissement, et nous avons monté une liste SNES ouverte aux collègues sympathisants. Le secrétaire départemental est ensuite venu me rencontrer pour me donner quelques conseils, et recueillir les noms du secrétaire et du trésorier de notre section. Au début, nous n’étions que quelques-uns, et nous n’avions que deux sièges au CA. Mais nous avons commencé à nous organiser. Nous avons suivi des stages syndicaux et tenu régulièrement des heures mensuelles d’information syndicale. Cela nous a permis de débattre avec les collègues des décisions que nous avions à prendre en CA, et de les informer de ce qui se passait dans le département, l’Académie, et nationalement. Grâce à ces heures, nous avons élargi notre audience, et impliqué davantage de collègues dans le fonctionnement de la section.

L’année dernière, notre collège a été déstabilisé par l’arrivée d’une nouvelle Direction. Face à la dégradation de l’ambiance générale de l’établissement (incivilités, caillassage de voitures d’enseignants, etc.), les collègues se sont tournés vers nous. Nous avons alors organisé une HIS afin de recenser les difficultés auxquelles nous étions confrontés. Nous avons rédigé une lettre collective à l’attention de la Direction, et fait inscrire un point ’Vie Scolaire’ à l’ordre du jour du CA. Grâce à l’aide du S2, une délégation a été reçue en audience auprès des services départementaux de l’Education Nationale. Toutes ces actions ont permis aux enseignants de mon collège d’être enfin entendus, et reconnus comme personnels indispensables au bon fonctionnement de leur établissement. Mes collègues ont aussi compris l’importance de s’organiser et d’être aidés par un syndicat. Et, de nouveau, d’autres nous ont rejoints !

Nous avons également dû faire face à la mise en place de la Réforme, qui menaçait directement nos conditions de travail ainsi que certains enseignements dispensés dans notre collège. Grâce aux heures mensuelles d’information syndicale, nous avons pu informer nos collègues sur cette Réforme et décider collectivement de notre action. C’est ainsi que nous nous sommes opposés à l’injonction qui nous était faite de proposer des AP et des EPI pour l’année suivante, faisant valoir que nous ne mènerions pas deux années scolaires en une, pas plus que nous ne préparerions à la va-vite des contenus d’enseignement. Notre énergie s’est au contraire tournée vers la mobilisation contre la fermeture annoncée de certains enseignements. Nous avons donc organisé une réunion d’informations à l’attention des parents d’élèves, dont certains nous ont rejoints lors d’un rassemblement devant le collège. Et notre mobilisation a été payante, puisque nous avons participé au maintien de la classe bi-langue et de la TSO dans notre collège, et dans d’autres !

Aujourd’hui, notre section syndicale compte plus d’une dizaine de syndiqués et nous avons quatre sièges au CA. Nous connaissons bien mieux les règles de fonctionnement des instances de l’établissement. Mes collègues viennent spontanément me voir lorsqu’ils ont un doute sur leurs droits, et ils savent qu’ils peuvent compter sur n’importe lequel d’entre nous s’ils ont besoin d’être accompagnés auprès de la Direction pour les faire valoir. Ce que nous n’avons jamais perdu de vue, c’est que la défense de notre collège, de nos droits et de notre métier passait forcément par l’organisation collective !

=> Entretien le S1 du collège Louise Michel, Corbeil-Essonnes Comment t’es venue l’envie de monter le S1 dans ton collège ? Cédric Calaber : Je suis enseignant en sciences physiques et chimiques. Arrivé en 2009 au collège, je me suis rendu compte progressivement que nous avions une méconnaissance des lois et que les décisions prises par notre chef d’établissement ne donnaient pas lieu à un débat, qui aurait été pourtant nécessaire, mais nous ne le faisions pas parce que nous étions trop souvent dans l’urgence. Convaincu que le contre pouvoir est nécessaire au sein de tout fonctionnement, j’ai décidé avec d’autres collègues de fonder une section syndicale afin de pouvoir construire une relation sereine et vigilante.

Qu’est-ce que, selon toi, une section syndicale apporte à un établissement ? C.C. : Nous avons eu récemment beaucoup de départs et d’arrivées de nouveaux collègues. Ces derniers avaient besoin d’être accompagnés et informés et c’est cette mission première que nous assurons. Nous nous donnons pour mission de renseigner les collègues sur leurs perspectives, leurs droits et aussi leurs devoirs.

Quel est ton ressenti par rapport à votre action au sein de l’établissement ? C.C. : Je pense que nous sommes utiles car nous sommes en soutien des besoins des collègues et nous pouvons leurs apporter des réponses. Nous n’essayons pas de les influencer mais de faire naître une conscience collective de l’action afin de pouvoir accomplir notre mission dans les meilleures conditions. Ce travail de vigilance est chronophage certes mais nécessaire et valorisant lorsque nous arrivons à régler dès situations.

=> collège Anna de Nouailles à Luzarches (95) : « nous constatons une meilleure cohésion dans la salle des professeurs » Élus au CA depuis deux ans, nous nous rendions compte que notre rôle dans cette instance était fragilisé par un manque de connaissances des textes qui régissent notre métier. La direction n’hésitait pas à profiter de ces lacunes pour tenter de nous imposer certaines pratiques, et nous nous retrouvions bien souvent en position de faiblesse.

Le contact de proximité avec le délégué départemental du SNES 95, sa venue pour animer une heure syndicale sur le contenu de la réforme du collège, et la participation à un stage syndical sur le même sujet a fini de nous convaincre de nous engager davantage. La participation aux différents stages syndicaux proposés par le SNES (droits des personnels, siéger au CA, animer une section syndicale, bilan de la réforme des collèges...), nous permettent de mieux appréhender notre rôle de représentant des personnels, et de mieux identifier les stratégies mises en place par notre direction.

Cela fait maintenant deux ans que notre section syndicale fonctionne, en co-animation. Nous constatons depuis une meilleure cohésion dans la salle des professeurs, ce qui était notre premier but. Nous nous efforçons d’animer une heure syndicale par mois, ce qui nous permet de mieux préparer les CA, et surtout, de rassembler l’ensemble des collègues pour mieux peser dans le rapport de force qui nous oppose à la direction, surtout dans le contexte difficile de la mise en place de la réforme des collèges.

 


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